Guides pratiques
Comptes en ligne et réseaux sociaux d’un défunt : que faire ?
Par Eric · 20 mai 2025 · 6 min de lecture
L’essentiel : les proches peuvent demander la clôture des comptes en ligne d’une personne décédée, ou leur transformation en compte de commémoration sur certains réseaux sociaux. Si le défunt a laissé des directives sur ses données, elles s’appliquent en priorité. Avant toute suppression, pensez à récupérer les photos et documents à conserver.
Réseaux sociaux, messagerie, photos stockées en ligne, comptes d’achat : une grande partie de la vie d’une personne se trouve aujourd’hui sur internet. Après un décès, ces comptes ne disparaissent pas d’eux-mêmes. Ils peuvent continuer à afficher des rappels d’anniversaire, recevoir des messages ou générer des prélèvements. Voici comment faire le point, compte par compte.
1. Ce que prévoit la loi
En France, chacun peut laisser de son vivant des directives sur ce que deviendront ses données après sa mort (article 85 de la loi Informatique et Libertés) :
En l’absence de directives, les héritiers peuvent demander aux services concernés :
Si un service ne répond pas à une demande, il est possible de saisir la CNIL.
2. Faire l’inventaire des comptes du défunt
Avant de lancer les démarches, il est utile de dresser la liste des comptes existants. Quelques pistes :
Classez ensuite les comptes en trois catégories : les réseaux sociaux, les comptes qui contiennent des données personnelles (messagerie, photos, documents) et les abonnements payants.
3. Facebook, Instagram et autres réseaux sociaux
Sur la plupart des réseaux sociaux, deux options sont possibles :
transformer le compte en compte de commémoration
Le profil reste visible, avec la mention « En souvenir de », et les proches peuvent continuer à y partager des souvenirs. Il n’apparaît plus dans les suggestions ni dans les rappels d’anniversaire ;
demander la suppression du compte
Le profil et son contenu sont définitivement effacés.
Sur Facebook, la personne peut avoir désigné de son vivant un « contact légataire », chargé de gérer son compte de commémoration. Sinon, un proche peut faire la demande via le formulaire prévu par la plateforme. Instagram, LinkedIn ou X proposent des formulaires comparables pour signaler un décès.
Dans tous les cas, un justificatif est demandé, le plus souvent une copie de l’acte de décès et parfois la preuve de votre lien avec le défunt.
4. Messagerie, photos et documents : Google, Apple, Microsoft
Ces comptes contiennent souvent l’essentiel des souvenirs numériques : photos, vidéos, e-mails, documents. Les règles varient selon les services :
permet de désigner de son vivant un gestionnaire de compte inactif. À défaut, les proches peuvent demander la fermeture du compte et, dans certains cas, la récupération de données ;
Apple
permet de désigner un « contact légataire », qui pourra accéder aux données après le décès. Sans contact légataire, l’accès est plus difficile et des documents juridiques peuvent être demandés ;
Microsoft
(Outlook, OneDrive) ferme les comptes restés inactifs pendant une longue durée ; les proches peuvent aussi signaler le décès.
Mieux vaut passer par ces procédures officielles plutôt que d’utiliser les identifiants du défunt : les conditions d’utilisation des services l’interdisent généralement, et certaines démarches exigent de toute façon un justificatif.
5. Les abonnements et comptes payants
Musique, vidéo, stockage en ligne, applications : les abonnements payants continuent d’être prélevés tant qu’ils ne sont pas résiliés, jusqu’à ce que la banque bloque les comptes du défunt. Leur résiliation suit la même logique que pour les autres contrats : voir notre guide Comment résilier un abonnement après un décès.
Côté banque, la clôture des accès en ligne se fait en même temps que celle des comptes : voir Que faire des comptes bancaires après un décès.
6. Garder une trace avant de supprimer
Une suppression est définitive. Avant de demander la fermeture d’un compte, prenez le temps de récupérer ce qui a de la valeur pour la famille : photos, vidéos, messages importants, documents administratifs.
Ces souvenirs peuvent aussi nourrir un hommage : album, livre de souvenirs, diaporama lors de la cérémonie. Quelques idées dans notre article Comment dire adieu ou rendre hommage à un être cher décédé.
Une démarche parmi d’autres
Les comptes en ligne viennent s’ajouter aux organismes à prévenir après un décès. L’ensemble des étapes est détaillé dans notre guide Comment réaliser les démarches administratives après un décès.
Demelia peut prendre en charge la clôture des abonnements et des comptes en ligne, avec les autres démarches administratives.
Questions fréquentes
Peut-on supprimer le compte Facebook d’une personne décédée ?
Oui. Un proche peut demander soit la suppression du compte, soit sa transformation en compte de commémoration, en fournissant un justificatif du décès.
Qu’est-ce qu’un compte de commémoration ?
C’est un compte qui reste visible avec la mention « En souvenir de ». Personne ne peut plus s’y connecter, sauf un éventuel contact légataire désigné par le défunt, et il n’apparaît plus dans les suggestions.
Peut-on récupérer les photos d’un proche décédé stockées en ligne ?
C’est possible dans certains cas. Les héritiers peuvent demander la communication des biens numériques ayant une valeur de souvenir. La procédure dépend du service, et elle est plus simple si le défunt avait désigné un contact légataire.
Peut-on se faire aider pour ces démarches ?
Oui. Demelia peut se charger de la clôture des abonnements et des comptes en ligne, en même temps que les autres démarches.
